Topic RP, V2.0

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Topic RP, V2.0

Message par Oz le Lun 25 Avr - 17:29

Écoutez, bonnes gens, la cruelle
Et douloureuse histoire des frères Dalton
Qui furent l'incarnation du mal
Et que ceci serve d'exemple
À tous ceux que le diable écarte du droit chemin.


Vous l'aurez compris, je veux tout connaitre de votre avatar: Pourquoi cette race, pourquoi cette classe?

et surtout, que vous me pondiez un petit texte (le plus long possible) sur la jeunesse de votre perso, en gros, comment il en est arrivé au level 1 du jeu entre vos grosses paluches.

Je commence!


/!\ WARNING: Attention au pavé.



A la base, Ozweiler était mon rogue UD, il y'a 3 ans...sur privé.
Absorbé par l'offi il y'a mnt 3 semaines, je me suis repenché sur les différentes classes et leur évolution depuis BC.

Démo? Jamais vraiment aimé.
War? J’adore, mais à monter c'est chiant.
Hunt? Pet, blabla... (J’ai un reroll hunt depuis)
Mage? C’tait mon premier perso :') mais autant ca fait des gros chiffres autant j'ai trouvé chiant a jouer a force.
DK? Pas encore de lvl 55! (j'en ai un lvl 70 désormais)
Chaman? Les totems, ca m'emmerde, même si j'aime bcp amélio.
Palouf? Faceroll, cpas trop mon truc, et j'ai jamais accroché au gameplay (même si le RP est génial)
Prêtre? Long a monter, je n’aime pas Heal, et ca me semblais weak (lulz)
Druide? lol non j'aime bien quand y'a un minimum de challenge Very Happy

Reste plus que Voleur. La classe avec laquelle je me suis fait le plus plaisir pré BC, étant fan de PvP...Les bons vieux stunlocks, le fait de pouvoir choisir, avoir l'initiative du combat, traquer sa proie insouciante pendant de longues minutes en sauvage...l'excitation avant de frapper...

La vitesse d'exécution, la précision, la domination totale de sa cible au moment de la frappe...

Certains diront que c'est lâche, je répondrai que le but de la guerre c'est de gagner et de survivre.

Et le voleur le fait très bien.

Allié précieux dans la désignation, l'approche et la mise hors combat d'adversaires, bretteur redoutable et rapide, je ne voyais pas une autre classe que celle ci.

Je me voyais déjà en UD, (Ozweiler @ Arathi c'est moi) et c'est ce que j'ai fait pdt ma période de test (n'ayant pas Cataclysme).

Seulement, mes connaissances étaient coté alliance.

Souhaitant tout de même pouvoir leur parler, j'ai donc inspecté les races ally.

Gnome? Pas sérieux, une crotte de nez mouvante, ca ne m’attirait pas du tout.
Nain? Je n’aime pas trop le skin.
Elfe de la nuit? [Pouffe en silence]
Humain? Je n’aime pas leur démarche, même si leur racial est sympa, ca fait trop "je joue un RPG fantasy, mais pas trop quand même lolilol."
Draenei? Y’a pas voleur chez les Naa'vi.

Restait donc Worgen. ca tombe bien, la seule race qui a un minimum de "gueule" chez les ally, qui font tous un peu trop sages.

Mais sinon, on met bien le personnage dans un rôle de Paria, d’exclu, de "Difféwent", et la classe voleur ne rougirait pas de s'appeler "Paria" puisque justement, à la base, le voleur est solitaire, reclus dans l'ombre, caché du regard des autres.

Ayant toujours préféré l'ombre à la lumière et la solitude a la foule, rogue était un choix qui s'imposait.


Son histoire: (j'suis vraiment débutant en RP, et je l'invente au fur et à mesure que j'écris).

Ozweiler est le fils abandonné d'une famille pauvre des bas fonds de Gilnéas.
Ainé d'une famille de 7 enfants, il était sensé aider ses parents à faire vivre le foyer.
Hélas, atteint d'une maladie inconnue à l'époque, que nous connaissons sous le nom d'autisme, il vit renfermé sur lui même, communicant peu, mais toujours de façon lucide, intelligible, et surtout diablement sensée.
Cependant, ses gestes étaient tout aussi rares que ses mots, et il n'était qu'un poids supplémentaire.

Ainsi son père décida le jour de ses 13 ans de l'abandonner devant le manoir de Greymane.

Sous une pluie battante et un froid mordant, il laissa son fils recroquevillé de peur, et ne retenant plus ses larmes, fit demi tour avant de regretter son geste.

Le destin intervint alors en faveur du petit Oz.
Ce destin s'appelait Lord Razhul, et il était de passage au manoir. Cet homme de 50 ans, mais qui en paraissait 15 de moins, était ce qu'on pourrait appeler un aventurier de toujours.

Riche sans excès, il recueillit Ozweiler sous son aile, le considérant comme le fils que ses organes n'ont jamais pu lui donner.

A lui il fit découvrir les royaumes de l'est, à lui il transmit son savoir.
Ozweiler, toujours renfermé, écoutait cependant avec la plus grande des attentions, et se révéla être un élève assidu, mais peu brillant.

Sans jamais se décourager, Lord Razhul (titre qu'il avait obtenu en sauvant la vie du jeune prince d'Hurlevent, prisonnier des brigands de la foret d'Elwynn, qui désiraient une rançon) fit d'Ozweiler son élève, son fils, et son confident.

Mais Ozweiler se contentait d'écouter, prêtant une oreille plus attentive que le loup aux aguets aux histoire de son protecteur, sans toutefois montrer d'aptitudes particulières au maniement des lames, ni de la langue, qui selon le Lord, forment les deux moyens universels de communications inter-espèces.

L'évènement qui marqua en second la vie de notre héros se passa l'année de ses 29 ans.

Alors qu'ils buvaient une délicieuse bière de Rempart-du-néant, un guerrier en arme fit irruption dans la pièce. Les conversations se glacèrent autant que le sang dans les veines.

Car ce guerrier n'était pas n'importe lequel. Figure emblématique de Gilnéas, il s'était notamment illustré en menant un assaut victorieux et décisif sur les réprouvés il y'a de cela 10 ans.
D'une stature à faire pâlir un ours, ce géant au caractère en général placide, mais d'une fermeté a toute épreuve, avait alors un visage apeuré, livide.

Il tenait son bouclier contre son ventre, et semblait hésiter à parler.

Ozweiler fut probablement le seul a ne pas être impressionné par le géant, qui après tout n'avait fait aucun geste agressif (et il ignorait sa réputation), tout comme il fut le seul à remarquer la faille: des gouttes de sang, en nombre de plus en plus grand, s'écrasaient aux pieds du soldat comme la pluie sur son visage, le jour où il fut abandonné...

N'entendant plus que les battements de son cœur, ainsi que le sifflement étouffé de la voix d'habitude tonnante et aujourd'hui si faible du guerrier, il le vit se taire, et s'effondrer.
Son bouclier roula au ralenti, vint s'appuyer contre les jambes de lord Razhul, révélant aux yeux dans la taverne une plaie béante d'où les entrailles du guerrier, si vulnérables et humaines, s'appliquaient à prendre à leur hôte le peu de légende qu'il restait de lui.

Lord Razhul se leva et partit, comme déterminé a venger le guerrier, sans attendre Ozweiler; Ainsi ce dernier n'entendit que les cris, et le bruit de la chair qu'on tranche, puis plus rien.
Plus rien excepté encore une fois les battements de son cœur, en sourdine, qui s'amplifiaient jusqu'à en faire éclater sa raison...il savait ce qu'il venait de se passer.
Il savait exactement, cela n'aurait pas pu le frapper plus si c'était lui qui avait poussé ces cris.
Les assassins du soldats venaient de frapper une nouvelle fois.

Désormais, il était seul. Seul avec lui même, seul avec ses démons, et seul avec ceux qu'il appelait "les autres". Ceux qui parlaient fort, ceux qui se battaient pour le plaisir.

Il fit alors l'inverse de ce qu'on attendait de lui. Oh, il voyait bien que les autres lui criaient de s'en aller, de faire demi tour, qu'ils allaient le tuer... mais il les ignora.
Il savait qu'ils étaient déja loin.

Au lieu de s'enfuir, il marcha donc vers la sortie, d'un pas lent, presque automatique.
Il passa la porte, et aperçut le corps désormais sans vie de son père spirituel.
S'il paraissait calme, le cataclysme dans sa tête n'avait rien à envier à celui que causera Aile-de-Mort des années après.

Il s'agenouilla auprès du Lord, prit le manteau de son ami, et couru jusqu'à en perdre haleine, repères, pensées.

Les années qui suivirent, Ozweiler le timide, le renfermé, cessa d'exister.
Ne subsista qu'un être déterminé, qui depuis que son verrou mental avait cédé avait pu pleinement profiter du savoir emmagasiné depuis plus de 15 ans.

Ayant perdu toute compassion, pitié envers les "autres", il vécu de rapines, de rançons, se nourrissant du fruit de ses vols, mais parfois de plantes, de cadavres d'animaux...toujours habillé du manteau de son défunt sauveur, il devint aussi discret qu'un lynx, se permettant des délits de plus en plus osés, mais toujours avec succès...

Et puis un jour de sa 35ème année, poussé par la faim, il s'aventura plus loin dans les terres...habitué à se fondre dans le paysage, il resta de longues heures a observer..Et il ne fut pas déçu.

Quelle ne fut pas sa surprise, quand en pleine nuit il vit la foret se mouvoir, sous forme d'une véritable meute de loups...mais, attendez, ce ne sont pas des loups normaux! Ceux ci sont monstrueusement grands, et peuvent marcher sur deux pattes...


... et ils se dirigent droit sur Gilnéas.


Désolé pour les crises d'épilepsie, de fou rire, les rétines brulées, les yeux qui saignent, et surtout désolé lhikan parce qu'étant worgen voleur, tu vas devoir trouver autre chose Very Happy


OZ


MessagePosté le: Lun 28 Mar - 16:14 Sujet du message: Topic RP Répondre en citant
Histoire Alternative (Parce je n’aime pas vos yeux, et que j’ai envie d’écrire)

« Ne touche pas à ça !! Tu vas te blesser !! Fais attention mon chéri, rentre avant la nuit ! Sois prudent, envoie moi un MP pour nous dire que tu es bien arrivé ! »

Je vous présente ma mère, Yolanda.
Ce que vous venez de lire, c’est à peu près 80% de son vocabulaire, comme une chanson qui ne serait composée qu’avec un refrain.
Et croyez moi, le disque est rayé depuis bien longtemps.
Durant les 15 premières années de ma vie, je n’ai plus ou moins fait qu’acquiescer dans le vide à des injonctions futiles.

Quand elle dit « nous » elle ne parle pas d’elle et de mon père, mais de la bonne. Mon père, lui à préféré se tirer (dessus) plutôt que d’endurer cela.
Ne vous apitoyez pas, je m’en fous. J’avais 4 ans, alors mon père... la seule chose qui me reste de lui, et que je conserve précieusement, c’est une dague.
Apparemment, elle aurait été forgée par un de mes aïeux, et transmise de génération en génération. Je ne sais pas vraiment ce qu’elle a de spécial, mais c’est la classe pour montrer aux copains.

Au Manoir, on s’ennuie ferme. C’est d’ailleurs en en visitant une (ferme) que j’ai trouvé de quoi me divertir un petit peu.
Je m’approche sans bruit, de nuit le plus souvent, et profite du sommeil des poules pour en attraper une, lui tordre le cou et porter mes victuailles en cuisine, où Sifred se fait un plaisir d’en prendre la moitié pour sa famille.
Je n’ai que 8 ans, les plupart des poules ont le dessus, mais j’apprends vite.
Et surtout, avec l’âge, je m’équipe. Les moutons à 10 ans, les chiens à 11.
Désormais, je ne tue plus pour manger. Les chiens ont pour la plupart des infections, et je tiens a rester en bonne santé pour exercer mon loisir, et surtout pour enfin réussir là où j’échoue depuis tant d’années. Attraper un chat.
Ces bestioles sentent le moindre de vos mouvement, et intention hostile.
A croire qu’il faudrait que je sois invisible pour y arriver !

A 13 ans, à force de patience j’ai enfin une tenue adéquate.
Assez moulante, en cuir tanné, je l’ai fabriquée seul. Elle est entièrement conçue dans le but de ne pas faire de bruit lors de mes déplacements, et l’aide d’un enchanteur m’a permis de diminuer grandement les chances d’être vu, car sa couleur se modifie légèrement en fonction du paysage.
Après seulement quelques semaines d’exercice et d’adaptation a ma nouvelle tenue, je jubile !
Je tiens dans mes mains, serrées autour de sa frêle nuque, un chat.

Je ne comprenais pas pourquoi je haïssais tant les félins. Peut être me ressemblaient-ils trop, a se fondre dans la nuit en silence ?

Toujours est-il que cette nuit là, il n’y eu pas d’autres victimes.

L’année de mes 15 ans, ma mère m’envoya loin de la maison, poursuivre un voyage initiatique dans le but de devenir herboriste/pharmacologue à la capitale.
Trop heureux de m’éloigner enfin du foyer si contraignant pour moi, j'acceptais.
Je partis donc en compagnie du maître herboriste Gerbert, qui devait approcher les 65 ans.
Ses leçons n’avaient pour limite que l’épuisement de ses cordes vocales, qui avec le temps devaient être couvertes de cuir épais…tellement qu’elles ne se fatiguaient plus, à mon grand désespoir.
Je me souviens d’une journée où, pris d’une illumination soudaine, il me réveilla à 3h du matin, pour ne finir son monologue 18 kilomètres plus loin, à minuit.

J’ai passé sur les routes 5 ans en compagnie de l’herboriste, et j’ai appris énormément de choses sûr les plantes et leurs pouvoirs.

C’est d’ailleurs ce qui lui à couté la vie.

Durant la 3eme année, nous avons terminé d’apprendre tout ce qui avait trait a l’augmentation des caractéristiques de l’individu, pour nous attaquer aux décoctions néfastes.
Bien sûr il me mit en garde, pacifiste convaincu qu’il était, contre les effets de telles potions, et je lui ai assuré droit dans les yeux que la violence ne faisait pas partie de mon univers.

Vint le tour des poisons, et cette étape me passionna plus qu’aucune auparavant.
J’ai tout noté, tout relu, tout appris.

A tel point que la dague de mon père ne me quittait plus, et était en permanence enduite d’une substance létale de mon cru (je m’étais permis de modifier un petit peu les recettes du vieux Gerbert).
Il ne soupçonna donc pas sa présence lorsqu’il s’introduit dans ma tente et commença a m’attoucher.

Étant déjà réveillé avant même qu’il frôle le pan d’entrée de mon abri, j’étais prêt.
Le laps temps qu’il me fallu pour agir ne s'expliqua que par l’hésitation et l’incrédulité face à ce geste.

Ma lame se plongea au travers de son avant bras, qui se retira aussitôt de mon entrejambe, puis frappa dans la même seconde la gorge de mon agresseur.

C’est a ce moment là que j’ai plongé mon regard dans le sien.
Il pouvait y lire la colère, la détermination, la froideur, tandis que je lisais l’incompréhension, la surprise totale et la culpabilité. Dans la seconde qui suivit, vinrent se mêler la douleur et la peur, car il avait dû réaliser que le poison faisait déjà route vers son cœur.

Au matin, je suis parti réaliser 50% du rêve de ma mère, à savoir rejoindre la capitale.

A 19 ans, j’avais une carrure inférieure à la moyenne, je faisais partie de la masse anonyme de gens moyens, en apparence.
Ce qui constituait un avantage, puisqu’on ne faisait pas attention à moi, mais qui a joué un sale tour à certains caïds qui m’ont sous-estimé.

Car durant ces 5 années passées sur les routes, je n’ai pas énormément dormi. L’herboriste Gerbert ne s’en est jamais aperçu, mais lorsque nous passions près d’un village, je repartais chaque fois moins pauvre ; de chaque ferme moins affamé ; de chaque forêt moins bruyant et visible.

Agir dans la masse est vraiment différent que d’agir lorsqu’on est seul.
Être seul implique d’être silencieux, invisible, patient, de rester parfois immobile des heures en attendant la faille.
Agir au milieu d’une foule est beaucoup plus rapide et facile.
Détacher une bourse, découper un fond de sac, poignarder entre les côtes, tout ca se fait en une fraction de seconde et pour peu qu’une diversion pousse tout le monde à regarder ailleurs, le travail de discrétion est déjà mâché.

Plusieurs fois alors que je venais d’éventrer quelqu’un (jamais gratuitement, c’est se donner de la peine pour rien…je me suis toujours fait payer) j’ai caché ma dague, crié au meurtre a plein poumons, et tenté d’aider ma propre victime tandis que les badauds se massaient autour de nous, comme des charognards se repaissant d’images de mort.

Bien entendu les gestes de premiers secours n’en étaient pas et bien souvent j’enduisais mes doigts de poison (j’avais toujours une petite bourse de poudre a ma ceinture) avant d’aller les introduire dans la plaie.

Je fus même décoré une fois, dans une bourgade a proximité de la capitale, en sauvant le maire des blessures que je lui avais infligées, comme un pied de nez au peuple crédule.
J’ai regretté après, réalisant après-coup qu’être connu pouvait m’attirer énormément de problèmes par la suite, mais heureusement pour moi il n’en fut rien.

Parlant de maire, la politique aura toujours besoin d’hommes de l’ombre pour faire le boulot dont elle ne peut publiquement pas se charger…combien de contrats ai-je exécuté pour les ordres du conseil de Gilnéas, et de Hurlevent ?

L’année de mes 24 ans, j’ai appris le décès de ma mère en lisant la gazette.
Ironie du sort, elle a voulu aider à l’écurie, en brossant un des chevaux de guerre, qui l’a empalée avec sa corne frontale.

« Touche pas à ça, tu vas te blesser »

Je ne suis pas allé a son enterrement, non pas par mépris, mais parce que le temps que j’apprenne la nouvelle il s’était écoulé presque 3 mois.

J’étais donc héritier du manoir…du moins si je donnais signe de vie.

Peut-être était-il temps de réapparaître ?


HYSMINAI

Oz est schizophrène ! Mais j'adore ça =)


HYSMINAI
[PARTIE I]

Les crocs se refermèrent sur la chair tendre... Encore, et encore...

Prostrée sous l'entrelacs des racines d'un vieux chêne, Hysminai avait le corps saisi de tremblements violents, l'échine parcourue de sueurs froides. Chacun de ses sens, exacerbés, faisaient vibrer son petit être, et alors qu'elle faisait tout pour ne pas bouger d'un pouce, l'émotion la vidait de toutes ses forces. Le paupières gelées par l'horreur, elle ne pouvait plus fermer les yeux sur le spectacle abominable qui se déroulait devant elle, a quelques mètres seulement.

Les crocs... encore, encore... le bave épaisse qui se mêlait au sang. Et la chair... qui se déchire.

Lorsque l'ignoble bête eut fini son effroyable festin, qu'il eut lapé les derniers goutes de vie, il se tourna vers Hysminai. Il planta ses yeux jaunes dans les siens. Elle laissa s'échapper un hoquet de terreur, serra ses minuscules petits poings et s'apprêta à endurer mille tourments. Mais le ventre trop plein de l'animal ôta tout intérêt à la proie chétive. Lentement, elle s'éloigna, ne laissant derrière elle que lambeaux et ossements blanchis. Epuisée, Hysminai s'évanouit sur un linceul de feuille mortes. Ce furent les pas d'hommes qui s'approchaient qui la réveillèrent. Ils marchaient pieds nus sur les mousses, et chacune de leur emprunte laissait une poussière évanescente, comme un nuage éphémère de lucioles d'un vert pâle. D'abord inquiète, Hysminai se terra un peu plus loin dans son trou. Mais une douce chaleur grandissant au creux de son ventre la rassura. Elle se figea, constatant que les écorchures de ses paumes se refermaient d'elles même. L'un des homme se pencha entre les racines, et lui adressa un sourire apaisant. Ce n'était pas un être humain. Son visage, a mi-chemin entre celui d'un homme et d'un cerf arborait des yeux en amende, et un prognathisme fort. Il tendit la main à la petite fille recroquevillée au fond de son trou. Elle l'a saisi. Sans s'interroger une seule seconde.

La créature sentait le bois, l'eau et les pousses nouvelles. Il prit l'enfant entre ses bras. Chaque parcelle de peau en contact avec la sienne dégageait une douce chaleur. Hysminai aperçut d'autres créatures semblables, agenouillées autour du cadavre. Deux d'entre eux y apposèrent leurs mains. Une atmosphère pesante planait autour d'eux. Un souffle de vent les enveloppa et une pulsation imperceptible se mit à grandir. Le bois autour d'eux se mit à craquer, le feuillage noircissait à vue d'œil et les plantes se desséchèrent. Mais la pulsation s'évanouit, peu à peu. Et les créatures s'éloignèrent, les unes après les autres. Celui qui portait Hysminai ne quitta pas le corps des yeux. Tous deux restèrent immobiles, et dans une prière silencieuse, ils adressèrent les dernières pensées à l'âme qui se détachait doucement de ce qui restait de son enveloppe charnelle. Et enfin, il ne resta plus dans la forêt d'une tâche carbonisée, où la vie avait mené un ultime combat.

Hysminai avait perdu sa mère. Et autour d'elle, le silence se fit.


[A suivre...]


OZ

Suite
J’avais repris le Manoir ainsi que ses terres depuis maintenant 15 ans. Tout se déroulait paisiblement, et les quelques malheureux qui avaient tenté de porter atteinte a mon domaine avaient bien vite colporté la nouvelle, appuyant leurs propos de leurs mains soulagées de quelques doigts, que le manoir n’accueillait plus les bandits aussi chaleureusement qu’avant.

Je vivais donc relativement reclus, loin de l’agitation et de la violence que je connus dans mes jeunes années. Cela dit, il me manquait une chose essentielle à la condition d’un homme :
L’attention et l’amour d’une femme. Bien sûr, mon domaine n’attirait pas que les brigands, et nombreuses furent les demoiselles à se presser au lourd portail de fonte dans l’espoir que je les remarque. Les plaisirs de la chair ne m’étaient point défendus, et c’est avec délectation que je satisfaisais les plus jolies d’entre elles, sans jamais toutefois éprouver un bonheur autre que physique dans leurs bras pâles et frêles.

J’enchainais les aventures d’un soir, parfois plusieurs par soir, mais au bout de quelques mois se petit jeu me lassa, et la vérité me frappa en plein cœur ; J’étais plus seul que jamais.

Le domestique qui me gardait étant enfant était mort, et avec lui mon seul confident un tant soit peu intime.
Plusieurs fois je me suis déguisé, prenant l’apparence d’un homme de la Plèbe, et ces fois-ci, aucune demoiselle ne s’approcha de moi en couinant que je la prenne.

La seule personne qui s’intéressa à moi dans cet accoutrement fut une jeune femme du nom de Katalyana.

Sans lui révéler ma véritable identité, j’appréciais la vivacité de ses réparties et le fait qu’elle ne montre aucune crainte à parler avec moi, et nous engageâmes de virulentes conversations jusque tard dans la nuit.
Cependant, je devais chaque soir l’abandonner afin qu’elle rentre chez elle, pour retrouver cet homme a qui elle restait fidèle. J’en devenais lyrique.
Un soir n’en pouvant plus de brûler seul, je lui ouvrais mon cœur et lui déclarais ma flamme.
Mais elle ne voyait pas les choses de cet œil là.
Elle me rembarra aussi sec, s’avouant surprise et déçue, et s’en retourna, sans se retourner, chez son bien aimé.
Qu’avais-je fait ?!

Je venais en un instant de ruiner notre amitié, de perdre a jamais espoir que nos échanges un jour revivent, de perdre ma seule véritable amie, en qui, sans vraiment la connaitre, j’avais confiance !

Comprenant mon erreur, immédiatement je lui mandais quelque missive, balbutiant des excuses minables pour mon comportement inexcusable.
Ces lettres restèrent sans réponse, et mon esprit demeura en peine.

Durant le mois qui suivit, je détruisis mon déguisement, saccageais tout ce qui pouvait me rappeler son visage si délicat, laminais tout ce qui avait pu être en contact avec elle…y comprit moi-même.

Mes bras reçurent plus de cicatrices durant cette période de mes propres lames que durant le reste de mon insignifiante existence par le reste de mes adversaires.

Je n’avais plus goût à rien. Maltraitant domestiques, écuyers, courtisanes, animaux, mendiants, putains, rien ne semblait soulager ma peine d’avoir perdu l’unique être qui comptait à mes yeux.

J’avais soif de violence…je voulais mourir en souffrant et en causant la souffrance.
Je ne voulais plus rester dans l’ombre à me maudire, je voulais hurler de haine, je voulais écumer de rage, entaillé de blessures et couvert de sang !

Je fis jouer des quelques relations dont je disposais encore, afin d’être enrôlé dans la section Bravo.
La section Bravo, formée il y’a 15 ans par le Colonel Troteman, formait des soldats d’élite au maniement des armes, rompus aux missions les plus délicates, frôlant la mort et la distribuant autour d’eux.
Je n’eus pas de difficulté à leur prouver que j’étais digne d’intégrer leur compagnie.

Je me suis planté devant le colonel, je l’ai fixé et j’ai prononcé, très distinctement :
« Je n’ai plus peur de la mort ».

Cet ancien soldat sut immédiatement que je disais vrai, et peut être même un peu trop.

Il me présenta à John J. Keeshan, qui me briefa pour ma première mission ;
Je devais traverser discrètement un camp d’infanterie de la Main-noire, afin d’en assassiner le chef, un orc régnant en tyran sur les paysans de la région.
J’acquiesçais, tout en sachant qu’il n’en serait pas exactement ainsi…
J’avais « menti » à Troteman…Je n’avais pas seulement plus peur de la mort, mais je voulais courir vers elle.

J’ai donc couru vers le camp Orc. Oubliant tout principe de précaution, de discrétion et autres subtilités que je m’étais efforcé d’appliquer toutes ces années, j’ai foulé au pied la fourmilière, je me suis posté, et j’ai attendu.
Le sang battait dans mes tempes, je le sentais pulser derrière mes orbites, affluer vers mes mains, crispées sur mes dagues.

Les Orcs ont beuglé, puis on commencé à apparaitre en nombre. Je jubilais à l’idée de voir que la Mort porterait autant de visages,
d’autant que certaines de ces figures difformes ne verraient pas demain se lever.
La haine se lisait dans leurs yeux, mais un frisson de peur traversa leur regard quand ils virent le corps de leur chef ouvert en deux sur le sol, entrailles à l’air.
Le frisson se transforma en vague terrible lorsqu’ils s’aperçurent que je souriais, l’air serein.
Un officier brama un ordre et dans un hurlement collectif, la meute chargea.


Ce qui suivit reste encore aujourd’hui assez flou dans mon esprit…je crois qu’a cet instant tout s’est déconnecté et que l’adrénaline a pris le relai.

J’entendais quelques sons, le fracas du métal qui s’entrechoque, des cris de mourants, des cris de blessés, mes propres cris, des flashs de douleur qui s’estompaient dans la seconde…puis le calme.

Je me suis senti tomber. Doucement. Avais-je été exaucé ? Étais-je mort ? Le soulagement tant attendu était-il arrivé ? J’entretenais cet espoir en sombrant dans les ténèbres…

Un rire viril me tira du néant de mes pensées. J’entendais des voix, des tintements de verres, des sons diffus…j’avais le cerveau trop embrouillé pour discerner quoi que ce soit d’intelligible.

Au bout de ce qui me sembla un jour, je parvins à bouger légèrement, pour gémir de douleur…j’étais ankylosé de partout.

Un homme ressemblant étrangement a Keeshan s’approcha de moi.
« Eh, mais voila que notre bel endormi se réveille ! Tu nous as flanqué une sacrée frousse ! »
Hein ?? De quoi parle-t-il ?
« Troteman, venez voir ! La recrue se réveille !
_Nom de dieu, Oz, qu’est-ce qu’il vous est passé par le crâne ? Vous avez attaqué un bataillon entier d’orc à vous tout seul ! »
Je tentais alors de faire le point dans mon esprit, mais en vain. Je balbutiais :
« Je ne suis pas mort ? »
Troteman répondit :
« Non mon garçon, mais pas loin ! Tu as eu de la chance que les Bravo te surveillent de loin pour ta première mission. Mais regarde les, ils sont jaloux comme tout !
Sur 75 Orcs, tu en as descendu 54 le temps qu’ils arrivent ! 21 Orcs à quatre, ca valait presque pas le coup de se déplacer ! Enfin t’as quand même sacrément morflé… »
A ce moment là, je me suis inspecté.
Effectivement, j’étais salement amoché. Une entaille colossale à la cuisse gauche, une épaule trouée,
j’avais perdu l’annulaire de la main gauche et j’avais une bonne balafre qui me coupait la cage thoracique.
Mais j’étais en vie. Plus que jamais.
Et tout blessé que mon corps était, mon âme, elle était guérie.
J’avais souffert (et je souffrais encore, croyez moi !), j’avais frôlé la mort et je l’avais donnée autour de moi. Je me sentais vivant.

Mes blessures trop importantes m’ont valu une démobilisation temporaire, le temps que je récupère mes facultés physiques…si je les retrouvais un jour.

De retour au manoir, en infirme, je ne m’accordais plus une seconde.
Je voulais bouger à tout prix.

Je n’avais qu’un but ; pouvoir remarcher afin de me rendre seul, fier et sans assistance, chez Katalyana. Il s’était écoulé 2 ans depuis la dernière fois où je l’avais vue.

Lorsque 6 mois plus tard, je me tenais enfin sur ce palier tour à tour aimé, haï et rêvé, je m’imaginais voir un homme m’ouvrir,
qui prendrait un air contrarié en m’entendant demander à voir sa femme. Au lieu de cela, un enfant d’environ 5 ans m’ouvrit la porte de la demeure.
Ses yeux tristes et sa veste sombre résumaient à eux seuls l’atmosphère qui régnait dans la demeure.
Je parcourus la pièce des yeux, et vis une silhouette hoquetante, prostrée sur un cercueil de bois pauvre.
Sans avoir prononcé une parole, l’enfant s’effaça pour me laisser rentrer. Je m’avançais doucement,
faisant volontairement du bruit afin de ne pas risquer de surprendre la silhouette.

La crainte m’oppressait : Je redoutais de voir par-dessus les bords du cercueil le visage sans vie de celle que j’étais venu voir.
Mon esprit freinait de toutes ses forces mais mon corps avançait encore et toujours plus près.
Tremblant comme jamais, j’esquissais le dernier pas, ce pas qui me dévoilerait le faciès livide que je souhaitais par-dessus tout voir et ne pas reconnaitre.

Ma jambe a moitié levée, une voix féminine s’éleva :

« Ozweiler, est-ce bien toi ? »

La silhouette avait parlé.
Machinalement, je répondis : « Oui »
Elle se leva, doucement, puis se retourna vers moi.
Katalyana portait un bandeau noir sur les yeux, qui rendait encore plus pâle le teint déjà blafard de son visage.

Tendant les mains vers moi, tâtonnant pour trouver son chemin, il me sauta aux yeux que les siens ne marchaient plus.
Un de ses doigts effleura un pan de ma chemise, et c’est d’une poigne faible et tremblante qu’elle s’agrippa à moi, et me tira contre elle. Je l’entourais de mes bras, et elle se mit à pleurer, un chagrin sans larmes mais assourdissant de malheur.

Quand elle fut calmée, je lui demandais prudemment ce qu’il s’était passé.
J’appris alors que le corps dans le cercueil était celui de son mari.
L’homme avait bon fond, mais cachait sous ses airs de gendre idéal quelques traits de caractère assez vils.
Il pouvait se montrer violent –pas contre sa femme, bien sur- et surtout lors de ces accès de colère avait tendance à dire ou faire n’importe quoi.

Il arrivait à se contrôler la plupart du temps, mais lorsqu’un soir a la taverne, des étrangers insultèrent sa femme,
la traitant de trainée, il ne put pas se retenir. Il dérouilla les 3 visiteurs, puis s’en retourna chez lui. Il ne se rendit pas compte qu’un 4eme larron le suivait.

2 jours plus tard, après la soupe du soir, quelqu’un toqua à la porte.
Katalyana lui demanda d’aller ouvrir, ce qu’il fit.
Les 4 compères travaillaient pour un sectateur, très puissant dans la région.
Le sectateur, peut enclin a voir ses hommes de mains ridiculisés en public, avait décidé de faire un exemple.

C’est donc quatre personnes, 2 guerriers d’une carrure impressionnante et 2 mages à l’air malsain qui firent irruption dans la pièce.
Profitant d’être encore cachée par un pan de mur, Katalyana ordonna en silence aux enfants de se cacher sous l’établi,
et de ne faire aucun bruit jusqu'à ce qu’elle les sorte de là.

Puis, sentant que le ton montait dans la pièce d’à coté, elle se montra.
Les 4 se turent un instant, puis l’un d’eux donna un ordre sec, qui tonna aux oreilles de Katalyana :
« Tuez l’homme, attachez la femme ».

Sans hésitation, un des guerriers abattit sa gigantesque épée sur le crane de son mari, qui vola en éclat.
Comme elle commençait à hurler, un des mages comprima sa gorge.

Ils purent ainsi la besogner sans crainte d’être dérangés.

Afin de laisser un témoin qui puisse raconter les faits, et ainsi décourager d’éventuels téméraires qui souhaiteraient défier le sectateur, ils l’épargnèrent. Mais alors qu’elle gisait inconsciente après avoir subi les outrages des 4 hommes, l’un d’eux lui prit la tête, et lui arracha les yeux de la pointe de sa lame afin qu’elle ne puisse pas les reconnaitre.

Elle finit son récit d’une voix à peine audible, tandis qu’un ouragan déferlait dans mon esprit.

Le mois suivant, je suis resté dans sa maison, a l’aider aux taches quotidiennes, prendre le relais de ces yeux et de ce mari qui n’étaient plus là. J’avais beau me démener comme un diable elle semblait dépérir a vu d’œil.

En me levant un matin, j’ai trouvé la maison vide de toute vie, avec pour unique indice un mot sur la table.
« Je t’ai toujours aimé, et je t’aimerai par delà la mort. Pardonne-moi. »

C’est seulement passant devant le puits que j’ai remarqué que la corde n’y était plus.
Adieu ma bien aimée, je vengerai ta mort, quoi qu’il m’en coûte.

HYSMINAI

[Partie II]

<< Le dernier souffle de ce qui a été l'essence même de la vie agitera les branche des saules,
Et leurs frères plongeront leurs racines dans les entrailles du monde, au terreau de ces corps qui à jamais reposent. >>


Avec les années, elle avait appris à comprendre le murmure des faunes. Ils ne parlaient jamais, si ce n'est pour réciter d'ancestraux psaumes transmis de génération en génération. Tout n'était que recueillement, méditation et perception. L'homme est bien trop bruyant pour écouter le discours de la terre. Alors Hysminai appris à se taire. Et à force de patience et d'enseignement, peu à peu, l'essence de la vie affluait dans ses paumes. Déjà elle avait pu ramener la vie dans le corps d'un oiseau, d'un mulot, et même soigné la patte brisée d'un Orignal. Puis elle ramena la vie là où elle était absente depuis longtemps. Il fit pousser des fleurs qui n'avaient jamais existé, tomber des pluies qui ne tombaient jamais. Les faunes retrouvaient régulièrement son corps inanimé, vidé de toutes forces, lovée au creux d'un gigantesque bosquet de sauvageonnes, des lucioles dans les cheveux, et des racines de dorépine qui poussaient autour de ses doigts. Elle était obnubilée par la vie, la quintessence des éléments.

Mais quelque chose au fond d'elle bouillonnait. Une envie poignante de s'éprouver, de se confronter à une réalité plus humaine, plus viscérale et dangereuse. Elle rêvait de ces chemins de pierre qui mènent aux rivages, aux châteaux des royaumes de l'est, où les femmes viennent parées d'étoffes, où le bruit des lames qui s'entrechoquent résonne. Elle voulait les rires, les larmes. Elle avait presque oublié le langage des hommes.

Une nuit, elle foula ces chemins, dans une direction inconnue. Elle ne resta jamais loin de lisières, craignant de croiser quelque silhouette qui l'interpèle. Elle marcha plusieurs heures, jusqu'à ce que la lune passa au dessus d'elle. Au fur et à mesure, elle s'éloigna de l'ombre rassurante des bois, et s'aventura au milieu du chemin. Les sillons encore frais des coches creusaient la terre battue. Un éclat brillant attira son regard. Entre quelques graviers, elle aperçu un éclat ocre et mat, qui reflétait péniblement la lumière de la lune. Elle prit le morceau de cuivre entre ses doigts. Il était froid. Un visage inconnu était gravé d'un côté, et de l'autre, des caractères qu'elle ne savait déchiffrer.

Soudain, un rire clair fendit l'air. Hysminai se terra, les sens en éveil. Un autre gloussement parvint jusqu'à elle. Une ombre se détacha à plusieurs mètre d'elle. Elle semblait n'avoir aucune direction précise et vacilla plusieurs fois. Une autre ombre la rejoint. Elle se touchèrent simplement. Peu à peu, les deux être s'éloignèrent, et sans s'en rendre vraiment compte, Hysminai tenta de se rapprocher d'elles. Les silhouettes étaient humaines. Elle avaient, comme elle, les cheveux long et le traits doux. L'une d'elle lui rappela sa mère. Hypnotisée par la première présence humaine depuis des années, Hysminai se rapprocha, encore et encore. Jusqu'à ce que sa présence se fit sentir.

- Tu as entendu ?
L'une des deux jeunes filles se figea, et ses grands yeux en amende parcoururent les alentours.
- Cette dernière coupe de vin te fais tourner la tête Maelys ! ricana la seconde.
- Que peut-on refuser d'un noble seigneur !
Maelys tituba une nouvelle fois.
- Noble seigneur ? Je ne sais pas s'il est seigneur, mais ses caresses sont souveraines !

Elle se mirent une nouvelle fois à rire, et disparurent dans le noir. Dans leur dos se dressait un vieux manoir dont on sentait que les murs avaient accueilli bien des fêtes. Hysminai s'approcha jusqu'à entrapercevoir les lueurs qui vacillaient faiblement à travers les fenêtre. Elle posa ses mains sur les barreaux de l'enceinte, et d'une curiosité maladive, elle chercha à voir d'autres formes humaines. Puis elle vit apparaitre quelqu'un. Un jeune homme au visage marqué par la fatigue et une vie de débauche. Il retira sa chemise pour la poser sur le dossier d'un fauteuil en velours élimé. La lueur de l'âtre fit ressortir le relief d'un corps qui avait connu les champs de bataille, et fit briller d'innombrables cicatrices. Il saisit une bouteille dépourvu d'étiquette et en vida le contenu d'une seule traite. A travers ses yeux de jeune fille, Hysminai le dévora des yeux de façon insolente. Son regard caressa le galbe de ses épaules, remonta le long de son cou et se heurta à l'angle d'une mâchoire virile et volontaire. Soudain, malgré la distance, malgré l'obscurité, l'homme plongea son regard dans le sien. Hysminai ne pu dire s'il était froid ou seulement dur, mais l'espace d'une seconde, elle se senti submergée par un flot d'émotion et de sentiments violents. Ces yeux qui la fixaient avaient souvent vu le sang couler.

Elle tourna les talons et se fondit entre les arbres. Elle s'éloigna le plus vite qu'elle pu du manoir dont elle ne savait s'il était habité par un homme ou par une bête.


[Désolée pour cette intrusion dans ton univers ! Mais à tant faire qu'on fasse du Role Play..]

OZ

Alors que la femme qui m’avait donné espoir était morte, je ne voyais plus aucune limite à mes frasques.
Plus rien ne me semblais trop beau, trop osé, trop dérangeant…une partie de mon esprit était morte ce jour-là, et plus jamais elle ne se relèverait.Du moins j’en étais persuadé…

J’ai donc repris ma vie de débauche au manoir. Il fallait que j’oublie, que je noye mon chagrin et ma douleur dans l’alcool et la chair moite de corps entremêlés, afin d’espérer un jour retirer ce poids qui pesait sur mes épaules m’empêchant de faire quoi que ce soit d’autre que boire, manger, dormir et culbuter.

Une fois ce poids enlevé, je le savais, viendrai l’heure des représailles. Le sectateur, envers lequel je m’efforçais avec force courbettes de rester en bonnes grâces, ne devait se douter de rien. Et tant que je n’étais pas prêt, il était inutile de déclarer une guerre ouverte, qui me serait fatale, sur le plan financier d’abord, puisqu’il achetait en partie les récoltes produites sur mon domaine, mais aussi sur le plan physique puisque…eh, il disposait de sept cent hommes de main dans son château, et au moins autant dans le comté. Tous armés et parés, bien entendu !
J’avais certes brillé au champ d’honneur, mais avec le temps…mes reflexes n’étaient plus aussi bon, et sept cent contre un me semblait un ratio un chouia désavantageux.

Non, définitivement, ça n’était pas le bon moment. Alors autant profiter du reste tant qu’on le pouvait encore !

Un soir, durant une de mes sauteries hebdomadaires, alors que la fête battait son plein, je décidais d’aller me dégourdir un peu les jambes.
J’entendais glousser la petite Maelys, qui surement me désirait plus que je ne le méritais, ainsi que sa complice…ah ! Je n’arrive plus à me souvenir de son nom ! Je me souviens de bien des choses sur elle mais j’ai oublié son nom ! Peu importe, je ne l’ai plus revue par la suite.
Suffoquant dans la chaleur humide de l’intérieur, je fis quelques pas sur la terrasse, profitant de l’air encore tiède de cette nuit d’été.
J’enlevais ma chemise (je crois me souvenir d’entendre ces dames tomber en pamoison devant mes cicatrices) et la posais sur le dossier d’une chaise, sur laquelle je m’accoudais. J’en profitais pour finir une bouteille de jus de baies pour me rafraichir.

Malgré les réflexes émoussés dont je parlais, j’ai senti une présence. On m’observait.Mais impossible de déterminer si le regard était hostile ou amical.
Bien sûr je sentais d’autres regards posés sur mon corps, mais j’avais appris à les ignorer.
Non, celui-ci était lourd, intense…aux aguets, je parcourais le domaine des yeux, espérant détecter la source de ce malaise.

Là, vers le portail, une forme pâle se dessine…avec toute la lumière qui émane du manoir, je ne parviens pas a distinguer si mon esprit me joue un autre tour, ou si c’est une personne…
Je focalise mon regard et mon esprit, comme avant les carnages dont je suis responsable.
Je fais le tri dans les signaux auditifs, olfactifs et visuels. J’entre dans cet état proche de la transe où tout mon corps devient dédié à la traque, au combat, et à la survie. Un cerveau commandant a 80kg de détermination et de violence prêts à bondir.
La créature semble le sentir, reste quelques seconde de plus, puis disparait dans la nuit, sans un souffle.

Au départ amusé de cette « rencontre », bien vite je déchante ; Et si c’était un espion, un assassin du sectateur ? Seul il ne m’effraie pas, mais ce qu’il pourrait raconter pourrait peut être faire changer le sectateur d’avis à mon sujet. Lui qui pense que je ne suis qu’un propriétaire terrien vivotant, lui donnant tout ce que j’ai, et je n’ai aucun intérêt a ce qu’il découvre que ce n’est pas le cas.
Tant pis pour les promesses de volupté, la fête est finie.

Je ne repasse pas ma chemise, le temps d’expédier tout le monde avec force empoignades, je suis déjà dans ma chambre à choisir ma tenue de gala.
Ma vieille tenue de cuir est aujourd’hui trop petite, mais la nouvelle que j’ai fait confectionner sur mesure me va à merveille.
Armes à la ceinture, je fais éteindre toutes les lumières, et je sors.
Tous sens a l’affût, je me rends a l’endroit où se tenait l’apparition.

Son odeur doit être encore là. J’imagine déjà cette odeur de cuir sale, moisi par la sueur, cette odeur qui en a déjà trahi plus d’un…
Forme, ombre, mouvement, éclat, couleur, bruit, lumière, odeur, traces. Autant de paramètres à maîtriser pour être un assassin qui peut espérer ranger les lames définitivement dans leur fourreau.
Je renifle ; je sens cette odeur acre et puante…dans mon esprit seulement.
Ici, je sens une odeur légère, florale. Comme si une fleur des champs s’était tenue ici. Ce parfum m’enivre…Je reste de longues minutes, a humer délicatement, oubliant le monde autour de moi. La tête me tourne, mais me berce plus qu’elle ne me met mal a l’aise.
Je finis par reprendre mes esprits. Je veux savoir. J’oublie toute prudence, et pars en courant à la poursuite de la créature.
Eclairé par la seule lune, le chemin prend un aspect fantomatique et irréel.

Derrière chaque arbre je crois la voir, chaque reflet m’appelle. Je sens mon cœur, battre dans ma poitrine, plus fort et plus rapidement qu’il n’a jamais battu sur un champ de bataille, je suis essoufflé, mais je continue, ma jambe me fait de nouveau souffrir, mais je ne m’arrête pas, jamais…

Soudain, silence dans mon esprit. J’entends un bruit sourd. Un choc. Mon pied s’est pris dans une pierre, et je m’effondre par terre. Je n’ai pas le réflexe humain de me protéger, et mon front va heurter une racine.

Je perds connaissance.

[ a toi Hysminai, j'pense que nos histoires vont commencer à sérieusement se mêler Smile ]


Dernière édition par Oz le Lun 25 Avr - 18:39, édité 1 fois

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Re: Topic RP, V2.0

Message par Nysrøck le Jeu 16 Juin - 18:28

Le Rp ça meurt... :O

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